Les choses qui nous viennent

Les choses qui nous viennent

De chaque côté, une sphère de bois. L’une est petite, quelques millimètres de diamètre à peine, l’autre plus grosse, deux bons centimètres. Les deux sphères sont reliées entre elles par une ficelle.

Le bois est lisse, très lisse, partout, et gris par endroits, poli par l’usage. La ficelle est effilochée et en deux endroits, possède des petites boules irrégulières formées par plusieurs nœuds faits l’un sur l’autre. On tient l’objet par la petite boule, entre deux doigts, ou bien par l’un des noeuds, afin d’obtenir la longueur de ficelle adaptée à la tâche à accomplir…

De chaque côté, une sphère de bois. L’une est petite, quelques millimètres de diamètre à peine, l’autre plus grosse, deux bons centimètres. Les deux sphères sont reliées entre elles par une ficelle.

Le bois est lisse, très lisse, partout, et gris par endroits, poli par l’usage. La ficelle est effilochée et en deux endroits, possède des petites boules irrégulières formées par plusieurs nœuds faits l’un sur l’autre. On tient l’objet par la petite boule, entre deux doigts, ou bien par l’un des noeuds, afin d’obtenir la longueur de ficelle adaptée à la tâche à accomplir…

Cadeau du hasard

Il apparut un beau matin, avec des rouleaux de carton sous le bras, des boîtes, des flacons. Ses cheveux, en larges mèches blanches coiffées en arrière, lui donnaient l’air d’un druide. Arrivé devant moi, il hocha la tête, prit de mes mains le plan du cadastre, et observa le terrain, balayant l’horizon comme s’il avait eu toute la mer devant lui.

Puis il commença à officier. Un pas à droite, un pas à gauche, ses baguettes se soulevaient, s’abaissaient ; il prenait des notes avec des feutres de couleurs vives. Soudain je vis son pendule de buis et une onde de chaleur traversa mon dos. Je le pris dans mes mains, le trouvai tiède. Je demandai à l’homme de me montrer pour les baguettes. Puis je demandai à boire de son eau. L’eau du Mont Sainte-Odile, me dit-il. Puis je demandai pour le pendule. Chaque fois, ses réponses étaient brèves et directes. Son travail terminé, l’homme rassembla soigneusement ses affaires et hocha la tête avant de repartir.

Je fis quelques pas en songeant à tous les mystères que renferme la terre. Je baissai les yeux. Le pendule était là, à mes pieds. C’était comme si je retrouvais un objet perdu depuis longtemps mais jamais vraiment oublié. Le sourcier avait senti l’eau, là sous la rocaille, mais il avait aussi senti en moi des choses que moi-même je n’avais encore jamais reconnues ni nommées.

Véronique Campillo. Janvier 2005

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