A propos du passé

A propos du passé

Parler du passé, y penser, s’y complaire, est le plus sûr moyen d’éviter de vivre le présent.

Bien sûr, nous avons tous un passé qui a inscrit en nous notre histoire personnelle.

Cette histoire, avec ses événements heureux ou malheureux, imprègne les cellules de notre corps à des niveaux plus ou moins enfouis, selon que l’on a vécu en conscience ou occulté les éléments de la réalité.

Ces informations sont des conflits qui peuvent nous handicaper dans le temps présent et influencer nos comportements.

Nous transportons également des implants « karmiques » plus difficiles à identifier que nous tenons peut être d’autres existences, et nous pouvons encore héberger d’autres informations résultant d’éléments de conscience qui se sont mis en affinité avec nous dans cette existence.

Nous sommes ainsi confrontés à l’influence d’un passé conscient ou inconscient, qui va d’une façon ou d’une autre interférer dans nos comportements et s’ajouter à d’autres agents, comme le contexte social, l’éducation et la culture.

En fait, il n’est pas toujours très utile de partir à la recherche de notre passé inconscient.

Il peut se manifester à tout moment à l’occasion d’une pensée, d’une émotion ou d’un événement particulier, et cela est normal. Tout ce qui est important pour nous, par rapport à ce passé, ce sont les péripéties du présent qui vont nous l’apporter.

Celui qui part à la recherche de son passé inconscient va se trouver rapidement devant un abîme insondable. Plus il va avancer et plus il va s’enfoncer. Le passé inconscient n’a pas de fond et nous trouverons toujours une chose derrière une autre.

Penser que le futur peut nous délivrer des pesanteurs du passé, est illusoire.

Seul le présent, vécu en pleine conscience, peut mettre un terme aux blocages du passé.

Partir à la quête d’un hypothétique passé inconscient va avoir pour résultat de donner encore plus d’existence à ce passé. Celui là même dont on voudrait se débarrasser.Plus on donne de l’importance au passé et plus nous sommes captés par son énergie tyrannique et liberticide.

l’incrustation des informations lourdes du passé occulté.

Par ma présence aiguë à l’instant, je suis en mesure de contrôler la qualité des germes de ce qui va devenir le passé. Ainsi je ne produit plus de matrices négatives.

L’attitude juste est de prendre de plus en plus l’habitude de vivre centré, dans la conscience de la situation vécue, de l’acte accompli, de la parole prononcée, et cela dans le respect de l’ordre cosmique qui est de ne pas nuire à autrui et de ne générer aucune souffrance.

Dans cette nouvelle attitude de réorganisation de mon existence, je vais maîtriser de mieux en mieux mon temps, ma disponibilité, mon énergie et je vais ainsi, naturellement et automatiquement, évacuer de mon passé les adhérences négatives qui encombrent ma vie.

Il ne sert en effet à rien de perdre son temps à courir après un passé qui nous échappe sans cesse, et nous éloigne de la réalité qui doit être le seul repère de notre existence.

En vivant l’instant, j’écarte l’emprise du passé sur mon devenir et je libère, en même temps, les incrustations anciennes qui peuvent alors se dégager graduellement et naturellement.

Gérard Berrier (Extrait de la conférence sur la « Mémoire cellulaire » Haguenau 2003) Retour